Les plantes toxiques du Québec, par Marie-Claire Larocque

daturaBonjour,

Comme vous le savez, Les Terres de Bélénos regorgent d’une flore riche en diversité qui comporte tous les aspects d’une flore québécoise sauvage. Comme pour Bélénos et pour partout au Québec, on a beau trouver que la nature est belle et remplie de belles bonnes choses, il est aussi important de parfois crever notre bulle de romantique impressionniste et voir le côté réel et scientifique de la nature. Des plantes, aussi charismatiques qu’elles puissent être, sont de vrais poisons; plusieurs peuvent nous donner quelques nausées, certaines peuvent nous donner de mauvaises heures et quelques-une nous promettent un sommeil éternel…

Il est ainsi intéressant de vous créer une petite base d’informations pertinentes sur la reconnaissance des plantes sauvages québécoises si vous voulez vous promener en randonnée, ou dans une forêt quelconque, et reconnaître ces plantes.

Les plantes telles que le sureau rouge, le sureau blanc, l’arisème petit-prêcheur, le calla des marais, le symplocarpe chou puant, le cohosh bleu, la prêle des champs, le vérâtre vert, le nerprun cathartique et la clintonie boréale ne sont pas nécessairement mortelles à petites doses mais vous promettent des désagréments allant de fortes sensations de brûlure temporaires à plusieurs heures de sueurs froides, de vertige, de sensations d’étouffement et j’en passe. Je vous propose une brève description de chacune de ces magnifiques mais vénéneuses plantes et je vous invite à compléter votre recherche d’informations par vous-mêmes à l’aide des références inclues au bas de cet article et d’autres que vous trouverez sur Internet ou dans les bibliothèques.

Vous trouverez ci-dessous, en ordre, le nom commun de la plante, son nom scientifique suivi de ses noms vernaculaires et une brève description des symptômes ressentis lors de l’intoxication.

Sureau rouge, sureau blanc

Sambucus racemosa,  sirop rouge, sureau pubescent

Sambucus canadensis, sirop blanc, sureau du canada

Les racines, les tiges, l’écorce, les fruits immatures ou crus et les feuilles fraîches causent de la nausée, du vomissement et de la diarrhée. Il est cependant difficile de s’intoxiquer avec le sureau car il est très vomitif. Par contre, des enfants ont réussi à s’intoxiquer sévèrement, donc portez une attention particulière aux enfants, qui utilisent souvent les tiges pour se faire des ‘popguns’. Vous pouvez prendre un peu de sureau pour vomir quand vous êtes intoxiqué par une autre plante.

Arisème petit-prêcheur et Calla des marais
Arisaema triphyllum, ariséma rouge-foncé ou triphylle, oignon sauvage, pied-de-veau
Calla palustris, arum des marais, anguine

Brûlure intense dans la bouche et la gorge après ingestion du rhizome, sensation déplaisante d’aiguilles bloquées dans la bouche. Cette sensation peut facilement être évitée si le rhizome est bien séché, cuit ou macéré dans l’eau. Consulter les indications requises avant utilisation.

Symplocarpe Chou puant
Symplocarpus foetidus, belluaine, tabac du diable

Les raphides d’oxalate de calcium provoquent une irritation des lèvres et de la cavité buccale, sensation déplaisante d’aiguilles bloquées dans la bouche et l’œsophage. Démangeaison, ampoules et inflammation possibles lors d’un contact avec les racines. Cette sensation peut facilement être évitée si la plante est bien séchée, cuite ou macérée dans l’eau. Consulter les indications requises avant utilisation.

Cohosh bleu

Caulophyllum thalictroides, graine à chapelêt, caulophylle faux-pigamon

La plante contient des substances chimiques qui peuvent endommager les cellules du corps. Les doses excessives peuvent causer une montée de pression sanguine et des symptômes similaires à l’empoisonnement par la nicotine. Une surdose peut causer des nausées, des vomissements, l’incoordination et le rétrécissement des vaisseaux sanguins au niveau des muscles du cœur. La poudre des racines peut avoir un effet irritant sur les muqueuses et causer une dermatite. Elle est fortement contre-indiquée pour les personnes atteintes de maladies cardiaques et/ou de haute pression.

Prêle des champs

Equisetum arvense, queue de rat, herbe à écurer

Cette plante détient de la thiaminase qui détruit la thiamine (vitamine B). Il est donc préférable de ne pas en consommer en grande quantité et assurer un apport en vitamine B de surplus. La plante accumule les métaux lourds qui se retrouveront dans l’organisme une fois la plante ingérée.

Nerprun cathartique

Rhamnus cathartica, nerprun purgatif, nerprun commun

On peut utiliser les fruits séchés pour certains traitements purgatifs, mais il est important de le faire avec supervision, à très petites doses et sur un très court laps de temps. La purgation excessive entraîne une perte de sels minéraux nocive pour les cardiaques et les enfants. Ne pas consommer cette plante si allaitement.

Clintonie boréale

Clintonia borealis, lis boréal

 Les feuilles immatures, donc encore roulées, peuvent être consommées, mais pas les fruits, qui ressemblent à de petits bleuets, car ils sont toxiques.

Vérâtre vert * peut être mortelle *

Veratrum viride, vavaire vert, tabac du diable.

À petite dose, elle n’est pas mortelle, mais fait passer de mauvaises heures. Son principal effet est d’abaisser la pression sanguine et avec une dose plus forte elle entraîne rapidement le ralentissement de l’activité cardiaque. Son ingestion entraîne des brûlements d’estomac, suivis des nausées et vomissements évacuant le poison. S’il n’est pas complètement rejeté, sueurs froides, vertige, respiration difficile causant une sensation d’étouffement, chute de pression et ralentissement du rythme cardiaque jusqu’à asphyxie ou arrêt cardiaque tuant l’intoxiqué.

Attention à ne pas la confondre avec l’ail des bois !

Les plantes toxiques mortelles

Comme le vérâtre vert vient de le démontrer, certaines plantes, si certaines parties sont consommées ou si elles sont consommées à plus grandes doses, peuvent causer des symptômes très désagréables et allant même jusqu’à la mort. Certaines autres plantes peuvent tuer un adulte avec seulement 2,5 g ingéré. Il est donc très important de prendre connaissance de ces plantes et de savoir les reconnaître pour s’assurer que tout risque d’empoisonnement sérieux soit évité.

Comme pour les plantes toxiques ci-dessus, vous trouverez ci-dessous, en ordre, le nom commun de la plante, son nom scientifique suivi de ses noms vernaculaires et une brève description des symptômes ressentis lors de l’intoxication.

Morelle douce-amère

Solanum dulcamara, douce-amère, herbe à la fièvre

Ce sont surtout les feuilles et les fruits immatures qui sont toxiques. En cas d’ingestion, faire vomir rapidement. Les fruits mûrs sont jugés peu toxiques car le principe toxique est remplacé presque entièrement par des dérivés anodins. Les symptômes de l’intoxication sont l’apathie, somnolence, salivation excessive, difficulté à respirer, tremblements, faiblesse, engourdissement, insensibilité, état de prostration, inconscience, et la mort survient par paralysie.

Attention à ne pas confondre son fruit avec celui des pimbinas. Attention particulière aux enfants qui sont plus fragiles à l’intoxication.

Grande chélidoine
Chelidonium majus, chélidoine herbe-aux-verrues


Cette plante est souvent utilisée contre les verrues, durillons, cors: il faut badigeonner de sève fraîche trois fois par jour jusqu’à disparition. Son usage impose toutefois la prudence, car comme la plupart des plantes de la famille du pavot, la chélidoine est mortelle à doses excessives. De grandes doses peuvent causer la somnolence,  des sensations de brûlures dans la bouche, des nausées, des vomissements, de la fièvre, des irritations de la peau, des irritations pulmonaires, une toux violente et de la dyspnée et la mort d’humains a été reportée. Elle tache l’urine en jaune brillant et peut causer des ulcères. Éviter les contacts avec les yeux. Une quantité de 500 g peut avoir des effets toxiques chez les chevaux et les bovins.

Podophylle pelté

Podophyllum peltatum, podophylle pelté

Les feuilles et les racines sont particulièrement toxiques. L’emploi mal avisé de cette plante a causé des intoxications et même la mort. Les travailleurs chargés de l’extraction ont eu des dermatites.

Lobélie du cardinal et cardinale bleue

Lobelia cardinalis, lobélie du cardinal

Lobelia siphilitica, cardinale bleue

 Elles contiennent de la lobéline, une substance dont l’usage mal avisé en médecine populaire a provoqué des empoisonnements. Elles ont les mêmes effets sur le système nerveux que la nicotine. Leur sève cause de l’irritation cutanée.

Lobélie gonflée

Lobelia inflata, lobélie gonflée

Les doses excessives d’extraits de la plante ont produit les symptômes suivants: vomissements, sueurs, douleur, paralysie, chute de la température, pouls rapide mais faible, coma et mort

Zigadène élégant

Zigadenus elegans, zigadène élégant

 Intoxications et décès après ingestion de bulbes. Tout comme la cicutaire maculée (Cicuta maculata), les cas d’intoxication sont plus fréquents au début du printemps parce qu’elle sort souvent de terre avant les autres plantes.

Jusquiame noire
Hyoscyamus niger, Tabac du diable

Une trentaine de minuscules graines conduisent un adulte au sommeil éternel et les autres parties de la plantes sont également dangereuses. L’intoxication débute par une somnolence prononcée.

Datura Stramoine

Datura stramonium, Herbe aux sorciers, stramoine commune,

Cette plante à déjà servi d’hallucinogène, de narcotique pour remplacer l’opium ou pour endormir des victimes non consentantes. Les symptômes de l’intoxication sont une soif intense, une vision floue, la phobie de la lumière, le rougissement et brûlement de la peau, la hausse de la température corporelle, la hausse du rythme cardiaque et de la pression, des convulsions, délire et des mouvements violents qui rendent le sujet dangereux, le coma et la mort. Une intoxication non fatale dure en 12 et 48h provoquant une dilatation de la pupille qui se prolonge pendant 2 semaines; une poignée de feuilles fraîches ou de graines peut tuer un enfant.

If du canada

Taxus canadensis, Buis de sapin, sapin traînard

Il faut causer le vomissement car le poison, ayant traversé l’estomac, agit très rapidement, la mort survient aussitôt et la récupération est rare; tremblement suivi de paralysie et d’hypotension, dépression cardiaque et arrêt respiratoire. L’ingestion d’aiguilles en infusion suffit à causer la mort. La viande et le lait des animaux intoxiqués empoisonnent aussi.

Ménisperme du canada

Menispermum canadense, Raisin de couleuvre

L’ingestion des fruits peut causer des convulsions et être mortel. Plusieurs cas d’enfants décédés après avoir ingéré les fruits ont été reportés.

Attention à ne pas confondre les fruits avec les raisins sauvages.

Apocyn à feuilles d’androsème et Apocyn chanvrin

Apocynum androsaemifolium, herbe à la puce (ne pas confondre avec le Sumac vénéneux)

Apocynum cannabinum, chanvre indien

Cause de l’irritation mais beaucoup moins grave que le Sumac vénéneux (herbe à puce). Peut être utilisée en phytothérapie, mais la dose efficace est proche de la dose toxique. Éviter l’usage domestique. Les symptômes de l’intoxication sont des vomissements, de la diarrhée, de l’étourdissement, les objets apparaissant en vert ou en jaune, des sueurs froides, excès d’urine, ralentissement du coeur et la mort survient après des convulsions.

Attention à ne pas la confondre avec l’asclépiade

Actée rouge et actée blanche

Actaea pachypoda, actée à gros pédicelles

Actaea rubra, pain – ou poison – de couleuvre

Toutes les parties de la plantes sont toxiques, particulièrement les baies et les racines. Les symptômes incluent les maux de tête, étourdissements, vomissements, le délire et crampes d’estomac. L’ingestion de quelques fruits suffirait à provoquer ces symptômes, surtout chez les enfants.  Une douzaine de baies peuvent entraîner la mort d’un adulte. Le rhizome agirait comme vomitif et purgatif  violent  mais deviendrait également toxique  à forte dose.

Eupatoire rugueuse

Eupatorium rugosum, Agérate blanche, eupatoire à feuilles d’ortie.

Cette plante est hautement toxique. Aucune autre plante n’a empoisonné plus de personnes et d’animaux en Amérique du Nord. La plante contient du trémétol qui s’élimine partiellement par le lait et intoxique les consommateurs de lait et de beurre. Les symptômes de l’intoxication sont une grande faiblesse, une perte d’appétit, des douleurs abdominales, des vomissements, de la constipation, une grande soif, des tremblements, une odeur d’acétone dans l’haleine (odeur de fruits trop mûrs), du délire, le coma et la mort dans 10 à 25% des cas. Si guérison il y a, elle est lente et peut laisser des séquelles permanentes.

 Ciguë maculée

Conium maculatum, Carotte à moreau, ciguë commune, grande ciguë

Le poison se concentre principalement dans la pelure du fruit. L’intoxication se présente par de la paralysie temporaire de la moelle épinière sans causer de lésions organiques si elle est contrôlée par stimulants et par la respiration artificielle, et si le poison est rejeté par vomissement. Les symptômes d’une intoxication ingérée après 12 min à 1h sont des vertiges, des éblouissements, des maux de tête, la nervosité, des tremblements, la faiblesse musculaire,  la perte de la sensibilité de la peau, la dilatation des pupilles, le ralentissement du cœur, le refroidissement des extrémités, la généralisation de l’œdème, la désorbitation des yeux, des convulsions épileptiques, le délire et la mort par arrêt respiratoire.

Attention à ne pas la confondre avec le carvi commun, l’anis (pimpinella), l’achillée millefeuille, la carotte sauvage et toutes les autres ombellifères.

Cicutaire maculée et cicutaire du nord * Très mortelle *

Cicuta maculata, Carotte à moreau, cicutaire tachetée, panais sauvage

Cicuta virosa, cigüe vireuse

La cicutaire maculée est la plante la plus toxique de l’Amérique du Nord. Les animaux s’intoxiquent surtout au début du printemps car elle est la première plante qui émerge du sol et le sol humide facilite le déracinement.  L’ingestion d’aussi peu que 2,5 g de racine suffit pour tuer un adulte. Les symptômes de l’intoxication sont une salivation excessive (écume à la bouche), des convulsions spasmodiques, des douleurs abdominales, la dilatation des pupilles, la montée de la température, le délire, la paralysie complète qui amène l’arrêt respiratoire et la mort survient de 15 min à 8h après l’ingestion. En va de même, mais de façon moins violente, pour la cicutaire du nord.

Attention à ne pas la confondre avec le carvi commun, l’anis (pimpinella), l’achillée millefeuille, la carotte sauvage et toutes les autres ombellifères comestibles.

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Oui nous côtoyons des plantes toxiques lorsque nous sommes en nature, mais il ne faut pas virer fou pour autant et devenir paranoïaque! Les connaître nous donne tout simplement plus conscience des dynamiques de la nature, mais ne devrait en aucun cas nous empêcher d’aller s’amuser en nature.

Sur ce, je vous souhaite un agréable moment et un Bon Jeu!

Cet article n’est pas exhaustif et l’auteure se détache de toute responsabilité concernant votre recherche de plantes et si vous vous intoxiquez ou intoxiquez une ou des personnes (par erreur ou non). Une recherche personnelle ainsi qu’une formation en reconnaissance des plantes sont fortement conseillées avant d’entamer vos explorations et vos cueillettes.

Bibliographie et références

Sites Internet 

Plants for a future : http://www.pfaf.org/user/default.aspx

Conell university : http://www.cornell.edu/

Système canadien d’informations sur les plantes toxiques : http://www.cbif.gc.ca/pls/pp/ppack.html_doc?p_type=434&p_x=px&p_lang=fr

Flore du Québec : http://floreduquebec.ca

Musée de la Nouvelle-Écosse, Le jardin de plantes toxiques : http://museum.gov.ns.ca/poison/defaultfr.asp

UPA de la Gaspésie des Iles : http://www.gaspesielesiles.upa.qc.ca/fhtm/fproduits_forestiers_upa.htm

Livre British 1913 : http://www.biodiversitylibrary.org/item/15708#page/38/mode/2up

United States Department of Agriculture : http://plants.usda.gov/java/profile?symbol=CIMA2

United States Department of Agriculture, GRIN :

http://www.ars-grin.gov/cgi-bin/npgs/html/splist.pl?7460

Flora of North America : www.efloras.org

Biodôme de Montréal, Flore du Golf du Saint-Laurent: http://espacepourlavie.ca/flore-biodome?field_flo_ecosystemes_tid[0]=1051&field_flo_gr_vegetal_tid=All&field_flo_famille_tid=All

Biodôme de Montréal, Érablière des Laurentides : http://espacepourlavie.ca/flore-biodome?field_flo_ecosystemes_tid[0]=1050&field_flo_gr_vegetal_tid=All&field_flo_famille_tid=All

Canadensys : http://data.canadensys.net/explorer/search?lang=fr

Washington State Department of natural resources: http://www1.dnr.wa.gov/nhp/refdesk/lists/plantrnk.html

Livres

  • Groupe Fleurbec. 1981. Plantes sauvages comestibles. Éditeur Fleurbec. 167 pages.
  • Groupe Fleurbec. 2002. Flore printanière. Éditeur Fleurbec. 575 pages.
  • Groupe Fleurbec. 1978. Plantes sauvages des villes et des champs. Volume 1. Éditeur Fleurbec. 273 pages.
  • Groupe Fleurbec. 1983. Plantes sauvages des villes, des champs et en bordure des chemins. Volume 2. Éditeur Fleurbec. 208 pages.
  • Groupe Fleurbec. 1978. Plantes sauvages des lacs, rivières et tourbières. Éditeur Fleurbec. 399 pages.
  • Mulligan, Gerald A. et Munro, Dereck B. 1990. Plantes toxiques du Canada. Agriculture Canada. Éditeur Normand Rousseau. 88 pages.
  • Turner, Nancy J. et von Aderkas, Patrick. 2009. Common poisonous plants and mushrooms. Timber Press Edition. 375 pages.
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